Samedi 17 mai 2008

Si j'avais le don d'ubiquité, ce serait bath. Je chargerais les multi-mois d'aller à Porte des Lilas par divers chemins, comme ça on pourrait enfin savoir lequel est le plus court.

Ensuite, on attendrait celui qui a pris le chemin le plus long et on l'humilierait. Celui-ci, soupe-au-lait cependant prévisible, s'énerverait.

Alors on le passerait à tabac et on viserait les coins les plus douloureux, et comme je me connais il fera pas le mariolle longtemps.

Le don d'ubiquité c'est reposant parce qu'on fait moins gaffe à la perte. Et puis, ça fait toujours des organes de rechange en cas de coup dur.

 

par Tv39 publié dans : J'ai vraiment rien d'autre à foutre
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Mardi 29 avril 2008

Face à l'affluence de spécialistes en tout genre dans nos journaux télévisés préférés, je me demande de plus en plus où on va chercher tous ces éminents gonzes sensés réhausser le niveau. Y'a-t-il, à l'instar du fichier national des empreintes génétiques, un fichier national des spécialistes ?

Dressons le portrait du spécialiste type. Celui-ci est dans la plupart des cas, désolé mesdames, de sexe masculin, et fait partie de ce qu'on appelle d'une pudeur hypocrite les seniors (je dis hypocrite car étant pour ma part un junior, j'attends toujours que l'on m'appelle comme tel). Il porte un nom qu'on connaît pas, et il est fondateur / dirigeant honoraire / président du conseil à la prospective du directoire d'un institut dont on ignorait l'existence. Il reste sage, assis à côté du présentateur, prenant un air contrit, et souvent explique calmement, avec plein de mots, pourquoi on l'a invité. Des fois il rassure, des fois il pouffe en remballant le présentateur qui n'a rien compris.

Les rédactions ont-elles un spécialiste dans chaque domaine ? Pour nous en convaincre, voici une petite saynète mettant en scène une présentatrice et un spécialiste.

Présentatrice : Et sans détour, je reçois Jacques Topault Guichay, secrétaire général de l'INSA, l'institut national de surveillance des anthozoaires. Alors, Jacques, cette recrudescence d'anémones de mer dans les fonds sous-marins, c'est inquiétant ?
Spécialiste : (air contrit, longue pause) ... Non. Vous savez... Ce sont des polypes. Et à ce titre... (chatouille son menton) elles se reproduisent par planula. Donc, vous ne m'en voudrez pas si je vous dit que les poissons clowns ont raison de se cacher dedans, car il parait que ça leur fait des guilis.
Présentatrice : Merci Jacques pour ces précisions.

Je sens à votre air circonspect qu'une autre question vous taraude : les spécialistes sont-ils spécialistes en tout ? Hélas ! Trois fois hélas ! Et comme cette nouvelle saynète va nous le démontrer, ce n'est pas le cas :

Présentatrice : Norbert Cocuchyme, vous qui êtes spécialiste des lampes à huile, pouvez vous nous donner votre pronostic pour la 3e à Enghien demain ?
Spécialiste : Non.

Je rêve d'avoir un carnet d'adresses rempli de spécialistes qui m'aideraient dans des situations critiques, ils seraient là, non, achète pas cette chemise, oui, tu peux aller faire pipi, tu sais que c'est aussi Henri Virlogeux et pas seulement Pierre Tornade qui a fait la voix d'Obélix dans les dessins animés ?

En tout cas ça m'arrangerait bien parce que j'ai jamais d'avis sur rien. C'est un spécialiste qui m'a soufflé l'idée d'écrire sur l'abondance de spécialistes.

par Tv39 publié dans : J'ai vraiment rien d'autre à foutre
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Samedi 2 février 2008

Roger hésitait depuis deux heures entre la R21 Alizée (air climatisé) et la R21 Symphonie (autoradio).

- Vous avez fait votre choix ? s'impatienta le concessionnaire; il était 19h30, il avait autre chose à faire.

Finalement Roger choisit la R21 Manager, ainsi nommée en raison de la présence fort opportune d'un porte-gobelet symptomatique des décideurs qui en veulent.

- Très bien ! Le modèle d'exposition est prêt, vous n'avez qu'à signer.
- Ah bon ? Vous ne la commandez pas ?
- J'ai pas vraiment le temps.
- Vous m'avez même pas demandé si la couleur me plaisait !
- Je sais mais ta gueule.
- Ecoutez, dit Roger, je crois que vous ne m'avez pas l'air très sérieux.

Le vendeur qui cherchait une parade :
- Moi ? Pas très sérieux ? Moi ?... Pas très sérieux ? Moi ?
- Oui, vous ! On est les deux seuls dans votre choroume, et d'ailleurs je comprends même pas que vous ne m'ayez pas offert de café.
- Alors que de un, ha, franchement je vois pas trop le rapport et que de deux je vous ai proposé un café talleur et que vous m'avez superbement ignoré passke vous étiez parfaitement hypnotisé par le porte gobelet de la R21 et que du coup vous m'avez pas répondu.
- Ben voilà vous l'admettez, même vous alors que vous êtes une tête de lard,  j'étais ailleurs ! Vous auriez pu insister !
- J'avais pas que ça a faire. Vous êtes pas le  centre du monde, Monsieur Ladal (Roger - Ladal, humour).
- Etant votre client, a fortiori votre unique client asteure de la journée, eh ben si mon ptit père, je suis le centre de ton monde,  et je vais te latter si tu t'arrêtes pas de me briser les noix de macadamia.
- Pardon Monsieur, vous... je... vous avez raison.
- Alors première chose, tu te mets, là, non, ici, non, là et tu fais ton boulot de vendeur. Tu me flattes, tu dis que j'ai bon goût, et que madame va adorer (ce qui me fait doucement rigoler passke chuis gaÿze mais j'ai peur que t'ais pas suffisamment de temps pour comprendre).
- Dacore.
- C'est bon ?
- Ouida.
- Vazy.
- Ah, monsieur, quel goût certain !

Les deux furent interrompus par la sonnerie signalant la distribution des médocs, ils se mirent donc en ligne et attendirent leur tour. Danny de Vito souriait bêtement, Christopher Lloyd était égal à lui même (ie. magistral) et Jack Nicholson tenta de faire du gringue à l'infirmière qui était aussi réceptive qu'un frigidaire période CFC. 15 ou 20 ans plus tard, Bernard Tapie repris son rôle au théâtre, évènement qui aujourd'hui encore peut constituer le point de départ d'un processus ayant pour terme la destruction complète de la planète.

par Tv39 publié dans : J'ai vraiment rien d'autre à foutre
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Mercredi 5 décembre 2007

Sylvain était un cochon d'Inde tout ce qu'il y a de sérieux. Il ne mettait pas les coudes sur la table et demandait l'autorisation avant de parler. Pour un cobaye il avait la carrure d'un fier-à-bras mais comme il travaillait avec des humains, ça remettait les choses dans une autre perspective.

Sylvain travaillait aux impôts et encaissait les amendes d'excès de vitesse derrière un petit bureau. On s'était dit que les mecs en infraction, sachant qu'ils avaient les boules de payer et des fois de perdre des points, de les confronter à un cochon d'Inde ça les surprenait et après ils étaient tout calmes.

On avait fait l'expérience avec Depardieu, il était arrivé, flamboyant, en poussant des grands, "hââ !" et puis il s'était penché vers Sylvain, subitement sombre, en murmurant "ben qu'est-ce t'as ? T'es tout ptit ! Comment t'appelles ?" Après quoi Sylvain posa une contremarque sur le chèque.

Bon, évidemment, Sylvain, on l'avait cotché. On l'avait sanglé sur un siège pour qu'il mate des images d'archive de la guerre, et tout, et on lui mettait des gouttes dans les yeux et la neuvième de Beethov.

Voilà, le problème de quand je suis pas inspiré, c'est que ca va pas chercher loin. Je me suis payé le chef d'oeuvre de Burgess et mon ophtalmo m'a prescrit quatre collyre histoire de voir si mes yeux étaient secs. Et je viens de m'apercevoir que ça fait exactement trois ans (à deux ou trois jours/semaines/mois près) que j'écris ici. A l'époque j'étais tellement pas inspiré que j'improvisais des textes honteusement scandaleux sur les noisettes. J'ai mûri.

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Vendredi 30 juin 2006

Pantin, 19 heures. Ciel dégagé, léger fumet de boulangerie qui décongèle du pain à l'arrache. Une odeur inséparable de ma prime jeunesse. J'esquisse un coup d'oeil vers la façade de l'immeuble. A presque tous les balcons ont fleuri des paraboles toutes pointées sur Hotbird, 13 degrés est. Je dis pas des conneries, on a fait des essais avec la parabole du Père, dimanche.

Il faut être au moins deux. Un pour tourner la parabole, et une autre devant la télé pour gueuler "c'est bon c'est bon y'a 56% là !". Bientôt nous pûmes voir ce qu'offrait à nos yeux ébahis Atlantic Bird 3 en numérique. Alors, on a trouvé : une mire, et la radio interne des magasins But. Oui, la radio interne d'un magasin, c'est quand chaque magasin du groupe pointe sa parabole sur le satellite pour accabler les rares clients paumés du dimache après-midi d'insipides promotions sur les clés de douze.

Très vite, mon frère et mon père passèrent aux sarcasmes, genre que si j'arrivais pas à trouver Astra (16° Est), c'était pas la peine de pointer Telecom 2D pour trouver encore une ou deux mire et des radios à la con. Alors que sur Télécom 2D on a quand même trouvé un feed Globecast, qu'on aurait pu tomber sur un match de la coupe du monde. Bon, là le feed était inactif, donc il y avait une mire. J'aurais bien attendu un peu, mais je crois qu'ils voulaient pas.

Après on a compris pourquoi on chopait pas Astra. On avait raccordé la parabole avec 25 mètres de cable coaxial d'avant ma naissance et qui trainait dans le grenier, et puis en 1972 les connecteurs avaient changé de diamètre et là y'avait les deux normes et c'était branché à l'arrache.

Alors on a tout refait et très vite on a eu du signal sur Hotbird avec une bonne centaine de chaînes en clair. Yen avait avec une grosse dame qui faisait un strip tease (ça sent le gros budget) avec des bandeaux défilants : "envoie 'vicieuse' au 6 12 13. Après on a vu la chaîne Cartomanzia, et t'avais une cartomancienne qui tirait les cartes à une gonzesse au téléphone, avec une incrustation sur fond bleu à faire pâlir les maîtres du genre, Direct 8 ou BFM Tv pour ne citer qu'eux.

Et après il y a eu le match de foot et on a replié les gaules. Et après je suis rentré parce que quand même, il fallait que je me prépare pour ma soutenance de stage.

par Tv39 publié dans : J'ai vraiment rien d'autre à foutre
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