Jeudi 13 mars 2008
- Rodrigue, as tu du coeur ?
- Tout autre que mon père l'éprouverait sur l'heure.
- ...
- ...
- ...
- Alors ?
- Alors je passe. On joue au trouduku plutôt ?
par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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Mardi 11 mars 2008

Aujourd'hui 11 mars, c'est la Saint Baâdis Joncteur, saint patron des électrifiés sanitaires,et ce en rapport a ce fameux après midi de 1978 ou la médiocrité variétochale céda face au courant alternatif.

N'hésitez pas vous avez jusqu'à 23.59 aujourd'hui pour vous électrocuter, et vous serez  gracieusement pris en charge dès votre montée au ciel, un privilège qui habituellement n'est réservé qu'aux agents et retraités EDF et RTE.

Les salaud, ah, ça c'est la France des profiteurs. Monique ? Apporte zy donc les pantoufles.

Le précédent paragraphe, un tantinet caricatural, ne représente absolument pas l'opinion du rédacteur de ce blog, alors qu'un petit message à mon intention alors que j'écris ces lignes me contredit.

Je lis : vous êtes seul responsable des propos publiés sur votre blog. Ok donc, fenouil, clé de douze, ile d'Yeu, soupalognon.

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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Dimanche 12 août 2007

Johnny est nerveux. Le vol a une demie heure de retard, mais il ne sait pas que c'est régulier sur cette ligne. Du hublot il distingue tout au bout là bas "CDG2". L'heure locale est 8h35, la température au sol est de 17 degrés Celcius. Quelle idée aussi de quitter Medellin. En plein mois d'août. Si ce n'était ces 10 kilos de coke habilement déguisés en fraises Tagada dans son bagage en soute.

8 heures 43. Le débarquement se fait laborieux. y'a une vieille devant lui qui dégage péniblement son sac à main de la malle au dessus de son siège. Dans deux minutes elle se prend une mandale. Le sac cède. Apaisement.

De courte durée. Johnny a des balonnements. Sans doute dus aux 2 kilos de poudre dans des préservatifs qu'il a avalés dans les toilettes de l'aéroport Cordòva, je suis même pas sûr qu'il s'en soit bien sorti, au reste il ne se base que sur mon imagination. "Thank you for flying with us!" C'est ça, chica, on va attendre. Je serai plus au calme le ventre vide.

Alors qu'il arpente les interminables couloirs vitrés du terminal E, Johnny a soudain un très mauvais pressentiment. Il semble qu'une foule aussi compacte qu'agitée s'est massée à la sortie. Flashs d'appareils photo, éclats de voix, flics en faction, c'est plié. Johnny se sent comme le rongeur cuisinier du film d'animation que j'ai pas envie de voir même si on m'a dit que c'était bien : fait comme un rat. Goutte de sueur, plus d'autre choix. Une chance que les services de sécurité à Medellin puis à JFK furent tant laxistes.

"Bienvenue en France !" s'écrie Luc Chatel. Puis, s'adressant aux journalistes, "voyez vous, si l'on ne donne pas une bonne image de la France dès l'arrivée de ces touristes latino-améri..." Cris. Argh étouffé. Deux balles qui traversent une poitrine comme dans les films, arrosant au passage les gradés amassés là dans leur costard bleu électrique, ce qui compose avec leur paleur soudaine une magnifique création artistique post-moderne des couleurs de la République. Le secrétaire d'Etat à la consommation et au tourisme s'effondre dans la frayeur générale, sonnant le glas de ce qui devait être une chouette party avec brunch.

Johnny, maîtrisé, làche son arme dont il n'a plus l'utilité et rit bêtement de sa méprise.

Le reste est moins intéressant.

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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Dimanche 5 août 2007
 

"Bon, on récapitule une dernière fois."

Gino, nerveux, tapote en saccades sa cigarette et la cendre vient s'écraser sur le carrelage de la cuisine.

"Chte pose devant la banque, tu mets ton bas nylon sur la tête, tu sors ton gun, et tu cries 'tout le monde par terre'
- Oké. Et toi t'es où dans ce temps là ?
- Moi je serai dans la cour en arrière avec le quatre par quatre et Thierry. On profitera que tu fasses diversion pour voler leurs riviéras.
- Tu penses pas que c'est un peu beaucoup pour voler des géraniums ? On serait pas mieux rendus d'aller à Jardiland ?
- Ta yeule, c'est le casse du siècle chte dis. Pendant que tu occupe cette gagne de niaiseux, nous on se fait la malle avec leur verdure ! Ah ah ah ! C'est donc ben l'fun !
- Coudonc, si la police s'en vient, moé j'dis quoi, voir ?
- ...
- Hey Gino, ce serait tu une manière de me jammer dans un plan foireux, çô ?
- C'est po ça Reynald, on n'y a po pensé, c'est toute.
- Mais j'aurai tu ma part du butin ?
- On verra ça tantôt.
- Eh, maudit, qu't'es platte ! J'ai besoin de savoir !
- Toé t'auras le bonjour d'Alfred. Et des queues de cerise.
- Okay, ça me semble courtois.
- C'est quoi qui pend là, sur le côté ?
- Ben, c'est mon bas, quin.
- Eh tabouère, t'as acheté des collants, maudit d'tarla d'cave de niaiseux.

 

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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Samedi 2 juin 2007

En l'absence de d'sous d'verre, la bière de Raymond avait laissé un cercle aqueux sur le zinc, et Raymond dévoilait ledit cercle chaque fois qu'il se sentait étancher sa soif. Et puis il en rajoutait avec son doigt, il commença par des cercles concentriques, et puis fit le drapeau des jeuzolimpiques, et puis fut à court d'idée et but son demi. C'était très bien et il y avait une chouette ambiance.

Si l'on exclut le manque total d'animation, sinon Paul et Monsieur Jean qui abattaient les dominos sur la petite table du fond et Monique qui grattait une chaise. Riri faisait les mots croisés du Parisien mais le coeur n'y était pas.

"Putaindpeinture !" s'exclama Monique. "J'aurais du les protéger avant de rafraîchir le buffet. La glycéro ca tient bien."

A part René, tout le monde se foutait de savoir si Monique avait taché ses chaises de glycéro ou d'acrylique ; et puis René n'était pas encore arrivé, si bien que Monique s'excitait dans le vide.

"Je vais reprendre un demi, ma chérie, miaula Raymond qui sentait que le cinquième continent commençait à s'évaporer.
- Comin' rèit up, s'exclama Monique qui avait été bartendeuresse à Aberdeen.
- Je veux, répondit Raymond, qui avait été client à Melun depuis 1962.
- Ca sent la glycéro ! nota René, qui venait d'arriver.
- Te voilà toi ! (regard lourd)
- Quoi me voilà moi ? (regard léger)
- Tétépaçansévniraneuveur ?
- Arrête d'écrire comme Queneau, ça le dessert pas.
- En dessert y'a de la crème caramel chcrois, du-fond-lança Monsieur Jean qui n'avait pas suivi toute la conversation.
- Et puis j'étais occupé. J'ai aidé le fils au Totor à mettre ses affaires dans la camionette.
- Il part au camp de vacances à la Bourboule stannée aussi ?
- Non il s'en va de vrai. Il déménage. Il va à Paris.
- Bintiens. Totor il en dit quoi ?
- Totor il en dit trop rien. Il a viré le gamin parce qu'il est gaÿze.
- Il est quoi ?
- Il est gaÿze.
- ...
- ...
- Merde c'est pas compliqué, il est gaÿze quoi, c'est un interverti, vous regardez jamais la télé ?
- Ah, c'est une tarlouze ! simplifia Paul.
- Un hormosessuel, précisa Monique, décidément Queneauphile.
- C'est une grande saucisse qui aime prendre du côté pile, ajouta Monsieur Jean qui à l'occasion écoutait du MC Jean Gab'1.
- Oui si vous voulez, coupa René. En tout cas il s'en va.
- Il aurait dû ouvrir un salon de coiffure, murmura Monique, pensive, le regard perdu à travers la vitrine, l'index aux mouvements giratoires dans sa chevelure d'ambre.
- Moi je m'explique pas, commença Riri, comment les gaÿzes, poursuiva Riri, ils font pour baiser plus que nous, finissa Riri.
- Peut être qu'ils zont pas ta femme ! dit Monsieur Jean.
- Ahr ahr t'es con, dit Paul
- Je déconne pas. J'avais vu un reportage dessus chez le droit dsavoir et ils montraient un jardinier communal, le matin il retrouvait des gaÿzes dans le troènes, et ils avaient pas beaucoup de vêtements.
- T'es sûr quand même, René, parce que le fils au Totor c'est pas non plus une danseuse, il a conduit le tractopelle pour les travaux à Paulo.
- Eh ! c'est vrai ! Si j'avais sû je lui aurais pas laisser passer les vitesses ! Eh, parce qu'il faut pas qu'ils adoptent, hein. Moi vivant ils se marieront pas à l'église avec les robes et le riz et les photos.
- Vous mélangez tout, Paul, dit Monique.
- Qu'est-ce qui vous arrive ?
- Je vous dit que vous mélangez tout !
- PLUS UN GESTE ! hurla le Père Noël qui venait de faire son entrée par la grande porte (celle de devant). De son imposante pogne gauche il avait un de ses lutins qu'il tenait par les cheveux, de la droite un flingue au canon scié qu'il appuyait avec insistance sur la tempe du pov petit qui avait pas l'air en forme.
- Le fric ! File moi le fric, bordel !

Le lendemain, dans le journal local, on salua sa capacité de diversion. Le Noël suivant, dans la nuit du 24 au 32, et alors que Papa Nono dégustait une dinde aux marrons sèche dans sa cellule de la centrale des Baumettes, on ne déplora aucun viol sur mineur de moins de quinze ans, contrairement aux autres années.

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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