Le jeu était de se faire remarquer. La disparition du 12 au profit de nouveaux numéros chiants à retenir allait permettre à une chiée de publicitaires sous cocaïne de laisser exploser leur talent à 5000 euros la seconde. Et que faire pour que le consommateur retienne un truc, alors qu'il bulle devant sa télé ? Lui chanter une chanson. On retient bien les chansons. Alors on chanterait les numéros.
France Télécom s'est lamentablement planté avec son 118 712 à demi chanté par un gamin essouflé, les déménageurs bretons et leur 118 mille ont eu tort de prendre de la techno, les autres sont tout bonnement absents.
Et les grands vainqueurs, j'en parlais il y a quelques mois, c'est vous dire, ce sont les deux nazes en justaucorps. Une success story bien agencée. Des situations désopilantes qui n'ont rien à envier aux maîtres du classique, je cite pèle-mêle, hein, la bande Dehouf, Jonathan Lambert, le mec qui habite en face, des costumes et perruques magnifiques, la reprise d'une sombre merde musicale et la chorégraphie qui va avec qui étaient déjà ringardes il y a vingt ans, et surtout, surtout, un investissement de base très faible, ce qui aura fait beaucoup rire le commanditaire.
Et certains vous soutiendront que c'est ce que chantaient déjà Véronique et Davina. Et lorsque je suis sorti, il était deux heures du matin, et en levant les yeux vers le dernier rempart de poésie dans cet univers je l'ai vue, défigurée. La lune, pleine, d'ordinaire magnifique, s'était faite pute ce soir. De part en part, la déchiraient les chiffres 118 218. Là j'ai trouvé qu'ils étaient allés un peu loin.
Et j'aimerais bien arrêter de rêver des conneries.
cOMMENNTSE