Lundi, minuit dix, Porte d’Italie (je n’exposerai pas ici les raisons de ma présence en semaine à une heure si tardive dans une contrée aussi reculée, je répète de nouveau que ce blog n’a pas pour vocation de vous exposer les tenants et aboutissants de ma vie parisienne, et s’il m’arrive de danser la gigue un 11 novembre à quatre heures du matin sur le parvis de la Défense, sachez que vous en serez les derniers informés).
Alors que le petit monsieur vert m’indique qu’il m’appartient de traverser la rue afin que je puisse atteindre l’Hôtel Grill Campanile (les deux étoiles vertes), une intrigante voix rocailleuse me hèle dans une langue que je n’arrive à définir. Je me retourne, stationné sur le bord du trottoir, un 38 tonnes, une cabine, deux routiers (sympas).
Le passager me fait signe d’approcher. D’instinct j’amorce une sortie de paquet de clopes, quand mon interlocuteur pointe un doigt inquisiteur vers le sol :
« Parijsz ? (approximation phonétique)
- Pardon ?
- Parijsz, ici ?
- Ah, Paris, oui, c’est Paris ici. Enfin non, plus précisément c’est le Kremlin Bicêtre,…
- ?jz (approximation orthographique)
- Oui enfin, on s’en fout un peu, oui, c’est Paris.
- Errrrjz… Chel ? Humm… Chel ? »
En un instant, le plan du réseau RATP/SNCF s’affiche dans ma mémoire visuelle, je trouve sans problème le terminus 2 du RER E, Chelles Gournay. Voilà, ils cherchent à joindre Chelles ! Mon index approximatif pointe vers en gros la Porte d’Ivry. Le conducteur dégaine alors un rectangle, vous voyez, dans un style plastifié, me l’expose comme un trophée. Hm. Carte de fidélité.
- No, non, Shell ! Total, no, Shell, oui.
Je leur propose de prendre la nationale 7, qu’ils aillent à Rome ou à Sète, ils trouveront bien leur bonheur.
- Mercijz Monsieurjz ! »
Ecusson H au cul du véhicule. Des hongrois ! J’adore Parisjz !
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