Sylvain était un cochon d'Inde tout ce qu'il y a de sérieux. Il ne mettait pas les coudes sur la table et demandait l'autorisation avant de parler. Pour un cobaye il avait la carrure d'un fier-à-bras mais comme il travaillait avec des humains, ça remettait les choses dans une autre perspective.
Sylvain travaillait aux impôts et encaissait les amendes d'excès de vitesse derrière un petit bureau. On s'était dit que les mecs en infraction, sachant qu'ils avaient les boules de payer et des fois de perdre des points, de les confronter à un cochon d'Inde ça les surprenait et après ils étaient tout calmes.
On avait fait l'expérience avec Depardieu, il était arrivé, flamboyant, en poussant des grands, "hââ !" et puis il s'était penché vers Sylvain, subitement sombre, en murmurant "ben qu'est-ce t'as ? T'es tout ptit ! Comment t'appelles ?" Après quoi Sylvain posa une contremarque sur le chèque.
Bon, évidemment, Sylvain, on l'avait cotché. On l'avait sanglé sur un siège pour qu'il mate des images d'archive de la guerre, et tout, et on lui mettait des gouttes dans les yeux et la neuvième de Beethov.
Voilà, le problème de quand je suis pas inspiré, c'est que ca va pas chercher loin. Je me suis payé le chef d'oeuvre de Burgess et mon ophtalmo m'a prescrit quatre collyre histoire de voir si mes yeux étaient secs. Et je viens de m'apercevoir que ça fait exactement trois ans (à deux ou trois jours/semaines/mois près) que j'écris ici. A l'époque j'étais tellement pas inspiré que j'improvisais des textes honteusement scandaleux sur les noisettes. J'ai mûri.
ajouter un commentaire commentaires (2) créer un trackback recommander




cOMMENNTSE