cALEUNDARE

Octobre 2006
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Vendredi 27 octobre 2006

Les quelques parisiens qui me lisent l'ont sans doute déjà vue, cette affiche pour une pièce de théâtre intitulée Des soucis et des potes avec comme mention que j'imagine alléchante : La réponse des garçons à Arrête de pleurer Pénélope. J'ignorais en voyant cette affiche que Arrête de pleurer Pénélope appelait une réponse, masculine de surcroît, et que cette pièce en elle même constituait une question. Ils sont trois, bras dessus bras dessous, hilares devant l'objectif, et effectivement, en voyant la gueule des potes, on comprend vite qu'ils puissent avoir des soucis. Si Pariscope a besoin de moi, j'ai pas changé de numéro.

Et je prends soin de mon corps. Un de mes derniers investissement est ce genre de caviar bleu qu'on met sur la ganache pour qu'après ce soit lisse. Le truc dit que c'est exfoliant et tout, avec écrit en gros : "efficacité constatée* 93% PEAU PLUS NETTE" et derrière : "*efficacité constatée : test auprès de 50 femmes durant 2 semaines.". J'ai personnellement pris le risque de voir ce que ca donnerait sur moi. Je peux affirmer qu'après un test sur 1 homme durant 2 semaines, les résultats sont concluants. A hauteur de combien, je peux pas être très précis.

Et puis, bon, je réfléchis un peu dans la salle de bains, et 93% de 50 femmes satisfaites, ça me semblait louche. Effectivement, ça fait 46,5 gonzesses. Là dessus j'imaginais la gueule de la demi-meuf contente mais pas trop, un genre d'être hybride style Double-Face avec un coté lisse et doux et un autre comme avant. La tuile. Sur quoi se basent-ils bon Dieu ? Ont-ils seulement respecté un protocole intransigeant ? Et qui, dans le métro lyonnais n'a pas vu ces annonces appelant à rejoindre la tribu Dermscan, celle qui t'apporte un revenu d'appoint en te tartinant la poire d'un tombereau de cosmétiques pas testés ?

Je pense à toi, étudiante en psycho à Lyon 2, qui vient d'arriver à la station Mermoz-Pinel pour rejoindre ta cité universitaire et réintégrer ta chambre en sanglots, cachant ta demi-face boutonneuse au creux d'un pudique châle.

par Tv39 publié dans : On s'en fout
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 17 octobre 2006

"Putain, c'est quoi ce truc ?"

C'est à peu près la première réaction que nous avons eue en voyant arriver le paternel dans une grosse veste rouge pale, alors qu'il était parti dans des tons assez sobres.

"Ben j'étais allé acheter le pain, là, à la sortie du lycée...
(donc déjà ça commençait assez mal)
"...et quand j'allais rentrer dans la voiture je me suis fait accoster par un mec. Il m'a dit "Vous êtes italien ?" Je pense qu'il avait vu l'autocollant de la Sardaigne à l'arrière de la bagnole."

Bluffante lubie du père qui a toujours pensé qu'aux quatre coins du globe, l'autocollant sardaignoïde sur la FIAT familiale attirât irrésistiblement les expatriés transalpins en nombre.

"Il m'a dit qu'il allait passer la frontière et qu'il avait des soucis avec des vestes dans son coffre, et il m'a demandé si ça m'intéressait. Il était prêt à les solder pour 200 balles.

- Et alors ? T'as dit quoi ?
- J'ai demandé à voir. Alors il a ouvert son coffre et il y avait un paquet de vestes.
- Mais pas toutes dans le même coloris, nom de Dieu ?? Sinon tu m'étonnes qu'il ait des emmerdes avec les douaniers.
- Ta gueule j'explique. Il m'en a proposé une noire et j'ai essayé de marchander. Il a fait la gueule et m'a dit qu'entre italiens, on allait pas se la jouer comme ça. Mais j'ai continué à faire le mariolle vu qu'il allait pas repartir avec son quintal de vestes.
- Combien tu l'as achetée alors ?
- Je l'ai pas achetée. On est restés sur un désaccord, je suis retourné à la voiture et au moment de démarrer, il a glissé cette veste dans l'entrebâillement de la vitre arrière avec un grognement de dépit. Et voilà les ptits mecs. Pour pas un balle j'ai une veste !"

C'était en genre de daim, ou d'alcantara, mais en l'occurrence j'insisterais bien sur le mot 'genre'. L'un de nous préconisa une vérification scrupuleuse de la doublure afin de s'assurer que les stups ne viennent pas gâcher la fête des bonnes affaires en plaquant à terre un bon père de famille sous les yeux affolés du benjamin, alors encore jeune et peu poilu. C'eût cependant été spectaculaire qu'il visse, comme dans un reportage du  Droit de savoir,des presque-paras hurler "Drop the fucking gun, man!" en tentant de passer un gros serre-câbles aux poignets du papa... Mais je m'égare.

Puis ma père a fait un parallèle interessant avec cet ancien t-shirt qu'utilisait son cher et tendre pour jouer au foot, un truc mille fois rapiécé et surtout d'une touchante couleur casimirienne, qui finalement avait été découpé sur le bas en dents de scie, comme une petite jupette de ménestrel et qui nous faisait bien marrer, alors que c'était dans le temps, bien bien avant... oh... la création de la galette des rois, des trucs comme ça.

par Tv39 publié dans : On s'en fout
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 octobre 2006

Oh ! son visage ! C'est tout à la fois terrifiant et désopilant. Il est 7h53 et le signal sonore a indiqué la fermeture des portes.

Vous en avez sans doute déjà vus. Dans le métro. Il arrive en catastrophe sur le quai, voit la rame, entend le signal, pinque un sprint sur les deux derniers mètres et pénètre parmi les vivants. Regardez le bien à ce moment précis : c'est le temps de battement entre son entrée et la fermeture des portes. D'une durée variable mais qui correspond souvent au temps que met un mec à rentrer dans un métro sans courir.

Dans les premières millisecondes arrive son parfum, en appel d'air. C'est là que son visage opère le passage entre la terreur de perdre 1'15'' de sa vie et un vague contentement placide à dérider Simone Weber. Puis les portes se referment et il marche sur les pieds de son voisin.

Il y a pire cependant. Ceux qui échouent. La première partie est en tout point similaire. La seconde en revanche... des centaines d'yeux scrutant le désespoir d'une sous-merde incapable de maîtriser sa vie. Vous avez déjà vu un chat se casser la gueule ? Les chats sont extrêmement orgeuilleux. S'ils se viandent, leur première réaction est de regarder autour d'eux, et si par malheur ils croisent les yeux d'un être vivant, on lit dans leur regard une honte à peine maquillée d'un air faraud. Eh bien c'est le même regard qu'adopte le type sur le quai. Avant, soit de se détourner humblement et de se plonger dans une lecture éventuelle, soit d'esquisser un sourire pathétique excusant à peine leur incompétence crasse.

Et puis il y a les battants. Ceux qui n'hésitent pas à se jeter dans l'encadrement de la porte qui se ferme et y restent bloqués comme des cons. Selon leur état d'avancement lorsque la porte relâche son emprise, ils réussissent ou restent encore coincés. "Bzzz... Si vous voulez, on peut rester là, moi j'ai tout mon temps, crr crr", dit le micro du chauffeur.

On en apprend beaucoup sur la nature humaine en regardant ces visages triomphants ou abattus. Flaubert en aurait fait des descriptions de 50 pages, et son blog aurait été classé dans la catégorie Gay parce qu'il avait une moustache.

par Tv39 publié dans : Mais kesskeu ch'fous là ?
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 8 octobre 2006

"Emmanuel, on vous attend dans le bureau."

C'était un vendredi. Je travaillais encore aux fruits et légumes de ce supermarché, pour ceux qui suivent ces lignes, et le patron voulait me voir. J'entrai. Ils étaient deux. Lui et le gestionnaire, un type qui était arrivé deux semaines plus tôt de la région parisienne après des études exemplaires de management et une première expérience formatrice.

"On a trouvé la serrure du local à poubelles bloquée avec la serrure cassée à l'intérieur. Monsieur S nous a dit que vous étiez la dernière personne à avoir été en possession de cette clé.

- Pardon ? J'ai en effet eu besoin de la clé mais je la lui ai rendue ensuite. Appelez Vincent, et demandez-lui."

Vincent, Monsieur S, c'était un manutentionnaire en chef qui aurait été insignifiant si nous n'avions pas été dans la même classe de la sixième à la troisième. Alors que j'errais invariablement seul en dehors des cours, il m'avait accompagné à la cantine un midi pour que nous mangions ensemble, et ma soeur m'ayant vue m'avait félicité pour cet effort de socialisation. Il avait une voix assez grave qui tranchait avec mon ton de crécelle. Il était calme, j'étais silencieux, je l'aimais bien.

Il avait suivi une formation professionnelle dès la seconde et restait le seul à traverser la cour pour me serrer la main en me gratifiant d'un "Salut Manu ! Ca va ?" crédible. Lorsque j'étais arrivé au supermarché, alors que je ne l'avais pas vu depuis des années, j'avais été de nouveau immédiatement frappé par la différence entre nos deux voix. La sienne n'avait pas évoluée et semblait coincée dans un octave maladroit face à la mienne devenue grave.

Il arriva dans le bureau. J'essayai de lui rafraîchir la mémoire. Une fois mon carton de fruits pourris jetée dans une des poubelles (en évitant celles du rayon boucherie ou pire - poissonnerie), je n'avais plus besoin des clés et je m'étais déjà suffisamment fait engueuler pour l'avoir oubliée dans une poche. Alors ?

Alors il maintenit sa version en me regardant droit dans les yeux, me rendant parfaitement mal à l'aise dans la mesure où je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un que je considérais comme un ami m'accusât avec autant d'aplomb. "Enfin, Vincent, nous savons tous les deux que ce n'est pas vrai !", murmurai-je blême et bafouillant.

Les deux hôtes de ce psychodrame se sentaient merdeux. Non pas à mon égard alors que je n'étais pas dans une situation agréable, mais parce que selon la logique qu'ils avaient échafaudée dans leur ptite tête, j'étais évidemment coupable, et je me bornais à nier. "Allons, Monsieur U, dites nous la vérité, ce n'est pas si grave, on remplacera la serrure, mais il faut qu'on sache." Je la connaissais celle là. Le coup du "avoue, c'est pas grave". Je regardais PJ avec Papa, le vendredi soir, justement. Alors je niai. En bloc. Et j'en restai à ma version. Et je regardai ma montre, et m'excusai, que c'était l'heure, et qu'il fallait que je je rentre, et qu'on verrait ça lundi.

On me laissa partir. Je récupérai mes affaires, les clés, de la voiture celles là, et sur le parking, au moment de monter, le manager fringuant me héla du portail en acier mi-clos du local à poubelles. "Monsieur U ! Monsieur U ! C'est bon, c'est réglé, Monsieur S a avoué." Avoué. Ca calme d'un coup. Et puis j'ai mis la clé dans le contact en balayant en une seconde ce qui resta comme une attristante désillusion qui n'était pas la première et ouvrait la voix à quelques autres que je m'empresserai de refouler en temps et en heure.

par Tv39 publié dans : On s'en fout
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus