Jeudi 30 août 2007

J'ai besoin de sous.


- Bonjour ! Je suis un distributeur multifonctions !
- Bonjour ! Moi c'est Manu, je suis Sound Designer Programmeur, oui c'est bidon comme titre, mais rigole pas trop, multifonctions. Vas-y, fais moi du café ?
- ...
- J'attends.
- ...
- Bon, eh bien tu y réfléchiras à deux fois le prochain coup.

par Tv39 publié dans : On s'en fout
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Jeudi 23 août 2007

Quand on est sortis sur le tarmac, aucun bus ne nous attendait. Alors qu'à Charles de Gaulle on avait eu droit à un truc monstrueux avec des portes de chaque coté pour faire 100 mètres. Et puis à Paris on avait eu droit à un A320. Là, à Vienne, on avait droit à un avion Marque Repère©.

Celui ci arborait fièrement une couleur Bleu Vizille, ton inventé par Pépé (1917-2003) pour repeindre tout ce qui pouvait être repeint entre 74 et 88 : balustrade du balcon, chaise en bois, table, escalier, muret, jusqu'à écoulement du stock. Le mélange, hasardeux, reste pour nous un mystère, l'hypothèse la plus plausible restant le mélange de divers tons récupérés ça et là.

Souffrant d'une notoriété moins grande que celle de son cousin, le Bleu Klein, le Bleu Vizille n'en reste pas moins à mes yeux la plus grande découverte artistique du XXe siècle. Pour ceux que ça intéresserait, le code hexadécimal du Bleu Vizille est #00CCFF.

Deux hélices de chaque coté. Lindbergh n'eût pas renié cette merveille du progrès technique. Nous montâmes à bord. Johann Strauss et son beau Danube, bleu lui aussi, nous joua un chaleureux wilkommen en trois temps. Les ceintures se ferment et s'ouvrent de cette façon. Et puis ce fut l'envol. Au décollage, notre engin émit la même plainte que ces avions en perdition, abattus par la DCA en 44.

Et puis les arbres. Le parlement autrichien sans doute. Des villas avec piscines. Des chemins, des rues, des routes, des autoroutes, une voie ferrée. Et puis enfin le ciel.

Bleu.

par Tv39 publié dans : Message personnel
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Dimanche 12 août 2007

Johnny est nerveux. Le vol a une demie heure de retard, mais il ne sait pas que c'est régulier sur cette ligne. Du hublot il distingue tout au bout là bas "CDG2". L'heure locale est 8h35, la température au sol est de 17 degrés Celcius. Quelle idée aussi de quitter Medellin. En plein mois d'août. Si ce n'était ces 10 kilos de coke habilement déguisés en fraises Tagada dans son bagage en soute.

8 heures 43. Le débarquement se fait laborieux. y'a une vieille devant lui qui dégage péniblement son sac à main de la malle au dessus de son siège. Dans deux minutes elle se prend une mandale. Le sac cède. Apaisement.

De courte durée. Johnny a des balonnements. Sans doute dus aux 2 kilos de poudre dans des préservatifs qu'il a avalés dans les toilettes de l'aéroport Cordòva, je suis même pas sûr qu'il s'en soit bien sorti, au reste il ne se base que sur mon imagination. "Thank you for flying with us!" C'est ça, chica, on va attendre. Je serai plus au calme le ventre vide.

Alors qu'il arpente les interminables couloirs vitrés du terminal E, Johnny a soudain un très mauvais pressentiment. Il semble qu'une foule aussi compacte qu'agitée s'est massée à la sortie. Flashs d'appareils photo, éclats de voix, flics en faction, c'est plié. Johnny se sent comme le rongeur cuisinier du film d'animation que j'ai pas envie de voir même si on m'a dit que c'était bien : fait comme un rat. Goutte de sueur, plus d'autre choix. Une chance que les services de sécurité à Medellin puis à JFK furent tant laxistes.

"Bienvenue en France !" s'écrie Luc Chatel. Puis, s'adressant aux journalistes, "voyez vous, si l'on ne donne pas une bonne image de la France dès l'arrivée de ces touristes latino-améri..." Cris. Argh étouffé. Deux balles qui traversent une poitrine comme dans les films, arrosant au passage les gradés amassés là dans leur costard bleu électrique, ce qui compose avec leur paleur soudaine une magnifique création artistique post-moderne des couleurs de la République. Le secrétaire d'Etat à la consommation et au tourisme s'effondre dans la frayeur générale, sonnant le glas de ce qui devait être une chouette party avec brunch.

Johnny, maîtrisé, làche son arme dont il n'a plus l'utilité et rit bêtement de sa méprise.

Le reste est moins intéressant.

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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Mardi 7 août 2007

On me dit, je l'ai entendu, que ouiiii, comme quoi je serais perméable à toute idée d'amour. Simplement parce que je refuse de tomber amoureux. Que dès que ça commence à tourner à la love affaire, hop, valise.

Mais zenfin.

Mais j'arrête pas d'être amoureux. Je tombe amoureux tout le temps ! Parfois c'est mélodramatique, comme ce type après qui j'ai couru pendant six mois, on faisait des balades à vélo, on prenait des cafés, je lui faisais des massages, genre, eh, oh, y'a rien qui te passe par la tête ? En six moi j'ai pas réussi à effleurer ses lèvres une seule fois. Parfois c'est une question de timing merdique comme la fois ou je suis tombé amoureux de ce mec le lendemain où il m'a plaqué. Parfois c'est parfaitement ridicule comme la fois où je suis tombé à genoux devant le pti keum qui faisait la démonstration de pisolets à peinture chez Bricorama.

Alors je me blinde. Comme disait Tcharlz Dikinz dans un magnifique accent parigot-cockney : "Love and Hate I flee, cuz these are too much I can encaisse".

par Tv39 publié dans : On s'en fout
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Dimanche 5 août 2007
 

"Bon, on récapitule une dernière fois."

Gino, nerveux, tapote en saccades sa cigarette et la cendre vient s'écraser sur le carrelage de la cuisine.

"Chte pose devant la banque, tu mets ton bas nylon sur la tête, tu sors ton gun, et tu cries 'tout le monde par terre'
- Oké. Et toi t'es où dans ce temps là ?
- Moi je serai dans la cour en arrière avec le quatre par quatre et Thierry. On profitera que tu fasses diversion pour voler leurs riviéras.
- Tu penses pas que c'est un peu beaucoup pour voler des géraniums ? On serait pas mieux rendus d'aller à Jardiland ?
- Ta yeule, c'est le casse du siècle chte dis. Pendant que tu occupe cette gagne de niaiseux, nous on se fait la malle avec leur verdure ! Ah ah ah ! C'est donc ben l'fun !
- Coudonc, si la police s'en vient, moé j'dis quoi, voir ?
- ...
- Hey Gino, ce serait tu une manière de me jammer dans un plan foireux, çô ?
- C'est po ça Reynald, on n'y a po pensé, c'est toute.
- Mais j'aurai tu ma part du butin ?
- On verra ça tantôt.
- Eh, maudit, qu't'es platte ! J'ai besoin de savoir !
- Toé t'auras le bonjour d'Alfred. Et des queues de cerise.
- Okay, ça me semble courtois.
- C'est quoi qui pend là, sur le côté ?
- Ben, c'est mon bas, quin.
- Eh tabouère, t'as acheté des collants, maudit d'tarla d'cave de niaiseux.

 

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
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