Jeudi 15 juin 2006
Il m'est singulièrement difficile de conter, sans procéder par étapes, l'histoire de Jean-Jacques Athpatt. Je commencerai par une précision d'ordre phonétique.
En effet, Jean-Jacques insistait toujours sur la prononciation de ce "th" problématique. Il refusait catégoriquement la dentale dévoisée à l'anglaise, non par anti-américanisme primaire, mais parce que ses parents lui en avaient indiqué la prononciation adéquate, et surtout pour ne pas perdre la primeur d'un jeu de mots patronymique douteux.
(Jean-Jacques était (est ?) d'un naturel cocasse et pratique (ait?) volontiers l'autodérision).
"Allons donc !", s'écriait il quelquefois, "est-ce qu'on appelle le journaliste politique Jean-Michel Apathie Jean-Michel Apaffi ?"
Lequel Jean-Michel intriguait souvent Jean-Jacques, dans la mesure où son nom de famille compose un magnifique oxymore. Nul, ayant vu avec quelle virulence le collaborateur de RTL interpelle les politiques, ne peut soupçonner Jean-Michel d'apathie. Drôle de coïncidence. Comme si Arlette Chabot se fût appellée Arlette Sexy.
Par ailleurs, et c'est bien là que les choses se corsent, Jean-Jacques Athpatt s'était fait une passion dans l'observation des pigeons parisiens, une occupation que l'on nomme par un bien touchant faux-cuïsme "colombophilie".
Des albums photo entiers s'entassaient sur ses meubles, photos glanées ça et là dans la capitale, seulement ponctuées de légendes plus évocatrices encore, laissées en lettres déliées par une main trop maladroite pour être celle d'un mec normal :
"10 janvier : estropié Place d'Italie"
"25 septembre : un albinos!! Rue Montorgueil"
"7 avril : des plumes à la station Balard"
"13 juin : un pigeon saute sur une pigeonne à République (saute mouton?)"
Je ne résiste pas à vous présenter celle ci intitulée : "Sous les pavés : la volière, le Kremlin Bicêtre,13 Sept. 06"

***
Alors que je dînais avec Nico la semaine dernière, celui-ci m'a confié que dans nos ("nos" général) écrits, nous étions fortement inspirés par nos lectures en cours. J'ai totalement souscrit à sa remarque.
Mais faut pas lire 3 livres en même temps, Pif Gadget, le manuel d'utilisation d'un aspirateur sans sac (vous saviez que ça ne perd pas d'aspiration ?), et Gueutsse pour me reposer les yeux.
...
Pour ma défense, je tiens à préciser qu'hier soir, je suis tombé (par hasard) sur un film comme jamais j'en avais vu, avec Guy Montagné et Daniel Balavoine, un mélange iconoclaste qui curieusement ne m'a réconcilié ni avec l'un, ni avec l'autre. A propos, quelqu'un a des nouvelles de Balavoine ?
En effet, Jean-Jacques insistait toujours sur la prononciation de ce "th" problématique. Il refusait catégoriquement la dentale dévoisée à l'anglaise, non par anti-américanisme primaire, mais parce que ses parents lui en avaient indiqué la prononciation adéquate, et surtout pour ne pas perdre la primeur d'un jeu de mots patronymique douteux.
(Jean-Jacques était (est ?) d'un naturel cocasse et pratique (ait?) volontiers l'autodérision).
"Allons donc !", s'écriait il quelquefois, "est-ce qu'on appelle le journaliste politique Jean-Michel Apathie Jean-Michel Apaffi ?"
Lequel Jean-Michel intriguait souvent Jean-Jacques, dans la mesure où son nom de famille compose un magnifique oxymore. Nul, ayant vu avec quelle virulence le collaborateur de RTL interpelle les politiques, ne peut soupçonner Jean-Michel d'apathie. Drôle de coïncidence. Comme si Arlette Chabot se fût appellée Arlette Sexy.
Par ailleurs, et c'est bien là que les choses se corsent, Jean-Jacques Athpatt s'était fait une passion dans l'observation des pigeons parisiens, une occupation que l'on nomme par un bien touchant faux-cuïsme "colombophilie".
Des albums photo entiers s'entassaient sur ses meubles, photos glanées ça et là dans la capitale, seulement ponctuées de légendes plus évocatrices encore, laissées en lettres déliées par une main trop maladroite pour être celle d'un mec normal :
"10 janvier : estropié Place d'Italie"
"25 septembre : un albinos!! Rue Montorgueil"
"7 avril : des plumes à la station Balard"
"13 juin : un pigeon saute sur une pigeonne à République (saute mouton?)"
Je ne résiste pas à vous présenter celle ci intitulée : "Sous les pavés : la volière, le Kremlin Bicêtre,13 Sept. 06"

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Alors que je dînais avec Nico la semaine dernière, celui-ci m'a confié que dans nos ("nos" général) écrits, nous étions fortement inspirés par nos lectures en cours. J'ai totalement souscrit à sa remarque.
Mais faut pas lire 3 livres en même temps, Pif Gadget, le manuel d'utilisation d'un aspirateur sans sac (vous saviez que ça ne perd pas d'aspiration ?), et Gueutsse pour me reposer les yeux.
...
Pour ma défense, je tiens à préciser qu'hier soir, je suis tombé (par hasard) sur un film comme jamais j'en avais vu, avec Guy Montagné et Daniel Balavoine, un mélange iconoclaste qui curieusement ne m'a réconcilié ni avec l'un, ni avec l'autre. A propos, quelqu'un a des nouvelles de Balavoine ?
par Tv39
publié dans :
J'ai vraiment rien d'autre à foutre
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