Mardi 31 mai 2005

-1

- Secrétariat du lycée Machin bonjour.

- Bonjour Madame j'aurais voulu avoir un petit renseignement. J'ai reçu de chez vous le 11 mai une convocation à un entretien pour le 17 mai, mais comme...

- Attendez un instant... Sylvie ? Tu peux aller chercher une ramette de papier A4 pour la photocopieuse ? Merci. Oui, monsieur ?

- Donc comme je travaillais en Angleterre, je vous ai téléphoné pour vous dire que ça m'était difficile d'organiser un aller retour en moins d'une semaine, et on m'avait dit que y'avait pas de problème et que on me rappellerait. Hier j'ai déménagé, je suis revenu en France, et j'ai vu que vous m'aviez réexpédié mon dossier avec un papier comme quoi vous me refusiez. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il a perdu de la valeur en deux semaines ?

- En fait les entretiens devaient se terminer le 19 mai.

- ?? Vous vous êtes bien gardés de me le dire quand je vous ai appelés. Si je l'avais su j'aurais au moins essayé de venir.

- Oui mais si le jury vous a pas rappelé c'est parce que leur liste d'admis et leur liste d'attente était complète.

- Oui en fait c'est premier arrivé premier servi quoi.

- Non, c'est pas ça, c'est qu'ils remplissent leur liste avec les gens qu'ils voient et qui ont le niveau et qui sont disponibles.

- Oui bon c'est ce que je viens de dire mais autrement. En gros j'étais fautif d'habiter en Angleterre. Vous devez pas en avoir des masses, des étudiants étrangers.

- Mais noooon, mais...

- Oui je sais c'est pas ça. A propos, dans mon dossier que vous m'avez renvoyé, il y a toutes mes pièces - évidemment - mais aussi des trucs qui étaient pas à moi.

- Ca témoigne de l'intérêt que le jury a accordé à votre dossier (elle éclate de rire)

- J'apprécie beaucoup votre humour Madame, mais je crois qu'on s'est compris.

... et soudain la perspective de ne pas aller dans ce lycée de charlots début septembre m'apparut moins sombre.

par Tv39 publié dans : On s'en fout
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Samedi 28 mai 2005

Finalement, on n'a pas vraiment de preuve tangible de l'existence de Dieu. Alors que de ma belle soeur, oui. Déjà, Dieu ne me regarde pas méchamment quand je touche à mon frère.

Non sérieux j'ai jamais vraiment eu d'embrouille avec Dieu. Alors que franchement j'ai pêché. Ouh là ! Plein !

Peut être que Dieu réévalue régulièrement à la hausse sa tolérance, je sais pas, au premier juillet, comme le SMIC. C'est sûr qu'au moyen age, j'aurais fait le dixième de ce que j'ai fait, on m'aurait déjà marqué les miches au fer rouge. Ca m'aurait fait un tatouage pour pas un balle.

Bon alors comme pêchés y'a quoi ? Y'a l'alcoolisme, tiens, ah oui, le vin, c'est un pêché capiteux. Voilà, un exemple, avec un jeu de mots pareil, je finissais sur le bûcher. Et puis avant, les péchés capitaux, ça avait de la gueule, on en avait peur, on en frétillait dans les falzards. Maintenant c'est juste une deuxième partie de soirée avec Julien Courbet et Me Didier Bergès.

- Alors appelons-le tout de suite
(la lumière baisse, tourne au bleu marine, la musique se fait plus grave, l'instant est sollennel)


- tuuuuut... ... ... ... tuuuuut... ... ... ... tuuuuut... ... ... ...tuucrrac Allô ?
- Allô Monsieur Chitausse ?
- Oui ?
- Juliencourbésanzokundoutsurtéèfinautéléphone...
- Ah ah Gilbert t'es con !
- Non c'est pas Gilbert c'est Julien Courbet. Je vous appelle concernant le litige que vous avez avec votre voisin.
- Un litige ? J'ai pas d'litige moi.
- Ah c'est pas ce qu'il nous a dit, une histoire de clotûre apparemment Monsieur Chitausse...
- Ah, bon, ça me dit rien.
- Bon, je vous passe Maître Bergès qui va vous expliquer.
- Bonjour Monsieur Chitausse, c'est Maître Bergès.
- Monsieur.
- Alors il faut que je vous dise que concernant l'article L.874 alinéa 7 du code modifié des parois, clôtures zé grillages, la longueur maximale d'une clôture ne peut pas dépasser, après correction éventuelle en vue des intempéries définie dans l'alinéa 3, le quart de la largueur du terrain attenant, en l'occurrence ici celui de votre voisin, Monsieur Sucrette.
- Qu'est-ce qu'i dit ?
- En gros, Didier Gerbès dit que votre clôture est trop grande, c'est bien ça Maître ?
- Non, c'est Bergès.
- En quoi ça te regarde, trou d'cul ?
- Ben, oui, c'est ce qu'on se disait, hein, Didier, on s'est dit "c'est vachement chié". Bon ben tant pis.
- Raccroche connard.
- Ok, salut.
- Biip biip biip...
- Hé bien voilà une affaire de réglé Monsieur Sucrette. Vous allez pouvoir rentrer comblé à Saint-Claude.
- Oui j'me diséééé, vous pourrriez me payéééé le billéééé du rrrtour parrrce que j'éééé plus d'monnééééé.
- C'est ça oui, et puis le café ? C'est pas une agence de voyages ici.


Dernière nuit en Angleterre.

par Tv39 publié dans : Pétage de plombs
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 27 mai 2005

Je voulais enregistrer l'annonce de sécurité. C'était ma dernière traversée tout seul, et comme les dernières fois je l'avais toujours ratée, je comptais... Quoi ? Oui, je voulais enregistrer l'annonce de sécurité du bateau avec mon minidisc. Je ne vois pas ce qu'il y a de bizarre là dedans. C'est pas comme si je collectionnais les mouches mortes ou les slips de Dalida, merde. La tolérance, vous, ça vous passe au dessus.

Je m'installai donc dans un de ces confortables fauteuils vissés au sol, sortis le matériel, le micro, tout ça, je dissimulai l'ensemble sous un journal afin d'éviter qu'un quelconque quidam ne réclame des royalties au nom du droit au son. Là, j'attendis patiemment le do-mi-sol annonçant l'annonce qui annoncerait les consignes de sécurité ; ah non c'est pas vrai, si.

Mais à l'arrière du bateau, les moteurs faisaient rage. Et ce bourdonnement incessant risquait de rendre l'enregistrement peu sonogénique. Je me levai pour chercher un autre endroit plus propice à la prise de son. Malheureusement, les automobilistes du pont n°6 venaient de faire surface, et il apparut soudain impossible d'y arriver dans les temps. La passerelle était rangée, le capitaine allait faire un petit coucou avant que nous quittions Calais, bref c'était foutu.

Elle me prit de court. Ses notes, tout d'abord : sol-si-ré. J'errais comme une âme en peine, un couteau dans le coeur et le micro à la main, et sa voix suave soudain suinta salement au lointain.

- This is a lost property announcement. Mister Tv39, Mister Tv39 is required at the Information Desk near the main stairs on deck eight to collect his passport. Mister Tv39, thank you. Cette annonce concerne les objets trouvés. Monsieur Tv39, Monsieur Tv39 est requiert au information desque à côté des escaliers de la main sur le pont huit pour collecter son passporte. Monsieur Tv39 merci.

J'ai enregistré l'annonce de sécurité. Mais je vous la ferai pas écouter parce que vous vous êtes foutus de ma gueule talleur.

par Tv39 publié dans : Ca n'arrive qu'à moi et c'est pas des conneries
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 25 mai 2005

***MP3 ici***

En période électorale, Stéphane travaille même le dimanche. Jusqu'au jour du scrutin. Du coup il n'a pas le temps de voter, mais c'est pas grave, il est payé au tarif jour feriés. Alors la politique de son pays...

Alors les gens votent, et ensuite on leur demande pour qui ils ont voté. Mais bien sûr, il faut pas le demander au gosse de 12 ans, alors, comment qu'on fait ? Aaah vous voudriez bien savoir, hein ?

DMS Shanmax --- Le gâteau d'anniversaire

par Stéphane Gribiche publié dans : En audio
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 24 mai 2005

Je ne supporte plus les systèmes automatiques. C'est pas encore pour me la jouer "le monde est contre moi", mais voilà, ils ne m'aiment pas. Je suis trop petit, trop maigre trop blond, trop ordinaire pour eux.

J'essaye de les comprendre, d'imaginer leur fonctionnement, de me mettre à leur place, mais à chaque fois c'est toujours la même histoire, je suis rendu à mimer le vol du colibri sous les séchoirs automatiques des chiottes de la gare.

Aux entrées des supermarchés, j'approche la main pour pousser les portiques automatiques. Généralement ils ne l'attendent pas, ma main, et s'ouvrent, prétentieusement, sous les yeux du vigile en costard. A l'inverse, c'est quand je rencontre un portique mécanique que je ne ferai rien, alors forcément je me le ramasse, dans les, dans les, voilà, sous les yeux du vigile en costard, qui ne se formalise plus (ils finissent par me connaître).

Le dernier exemple en date s'est produit au terminal car ferry de Douvres, dans la zone douanière où (encore une fois) des types en costard me posent des questions stupides :
- Bonjour Monsieur, vous allez où ?
- Ben, chez moi.
- Vous venez faire quoi au Royaume Uni ?
- Finir mon boulot au lieu de profiter du soleil.
- Vous faites quoi ici, Monsieur ?
- Je paye des taxes.
(Ca les énerve quand je dis ça)

Donc j'entrais dans la zone douanière, lorsque la porte automatique s'est refermée entre mon sac à dos et moi. L'air d'un con, bien entendu, mais l'habitude, encore une fois... Si le type derrière moi ne m'avait pas libéré en faisant rouvrir la porte, j'y serais sans doute encore.

J'ai cru faire une syncope jeudi soir en allant aux toilettes dans le TER, tout était automatisé, mais quand je dis tout, c'était vraiment tout, la porte, le robinet, la chasse, le PQ, à s'en désoler que notre pipi soit en comparaison si ringard. Alors bien sûr que c'est plus propre, la flotte qui s'allume toute seule, ça évite qu'un tas de connards au doigts pleins de pisse tripatouillent le même robinet, je discute pas. C'est bien. Pour les autres. Parce que pour moi, de toute façon, il s'allume pas. Alors t'as vu, niveau hygiénique, c'est pas les mains d'Edouard Balladur. J'en fais quoi, moi, de mes doigts ? Je les lèche ?

L'accès soudain de vulgarité dont je vous fait part à cette heure n'est -- vous l'aurez compris -- que la manifestation d'un désespoir aigü d'un jeune homme à qui le monde n'apparaît pas comme adéquat, voire accueillant, mais c'est aussi parce que j'aime bien le goût du pipi, c'est un ptit peu salé, j'aime bien.

Donc, je n'aime pas les systèmes automatiques. Mais j'en rencontre de plus en plus. Et comme cette tendance n'en est qu'à ses débuts, on finira sans doute par me retrouver victime d'un suicide, pendu à un distributeur de savon.

par Tv39 publié dans : Ca n'arrive qu'à moi et c'est pas des conneries
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
blog business sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus