"Regarde ce que j'ai acheté à Manchester ! Tu mets le lait là, t'appuies sur le bouton, et hop, le truc en bas du verre ça tourne. Alors le lait, hop ! il monte, et ça fait de la mousse ! Après tu verses le café, ça fait chplouf chplouf et ça se mélange"
Mon enthousiasme avait peine à convaincre ma colocataire théophile* de l'utilité dudit bidule, acheté il est vrai ce week end chez Poundsaver, le pendant britannique du tout à dix balles. Pour seulement une livre, on a le choix entre dessous de verre en PVC imitation cristal, DVDs avec deux films pas connus dessus, petits claviers électronique d'influence Bontempi en moins avancé, et ces petits mousseurs de lait fort inutiles et c'est bien là leur charme.
Je ne mets jamais de lait dans mon café. C'est à mon sens une véritable hérésie que l'on ne retrouve aujourd'hui que chez de rares obsessionels non sevrés à qui il manque toujours à 45 ans leur dose quotidienne de lactose. Au pire, étendons cette tare à l'ensemble de la population anglaise. Mais moi, non. Noir. Euh blaque cofi, plize.
Aujourd'hui j'ai donc la possibilité de faire mousser du lait que je ne boirai pas. Quel luxe !
"Alors t'as vu, pour le nettoyer, c'est encore plus facile. Tu mets de la flotte, une goutte de Paic citron, et t'allumes, il se nettoie tout seul. C'est pas magique ? Et tout ça pour une livre !"
Sans se départir, en bonne britiche, de son phlegme (je ne me sépare moi même jamais de ma baguette sous le bras), ma colocataire demanda seulement :
"Mais il a qu'une vitesse ?"
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cOMMENNTSE