Il est grand, carré, toujours costume cintré, la démarche séquentielle -- et c'est bien le seul épithète que je puisse trouver -- si bien que certains le surnomment 'Robocop'
Lui se prend plutôt pour James Bond, et puis ça tombe bien puisqu'il est d'origine écossaise. L'accent de Sean Connery l'attendait donc à bras ouverts, si bien que je me demande parfois pourquoi lorsqu'il parle on dirait plutôt Spud sous acide dans Trainspotting.
Il possède une arme. Ce n'est un secret pour personne. Demandez au moindre gosse que vous rencontrerez, il vous donnera le calibre et même la réference dans le catalogue The Outilleur from Auvergne.
Le voilà qui approche, l'air méfiant, le regard en coin. Dave - car c'est lui - attend-il son prochain ordre de mission, vers des destinations inconnues ?
Eh bien non. Dave, c'est le prof de techno, et il attend les bulletins des Year 10 pour mettre ses appréciations. Mais dans sa classe il a collé les affiches de tous les James Bond depuis 69. Et si la direction ferme les yeux sur le gun rangé soigneusement dans son casier, c'est pour éviter de jeter l'opprobre sur une école déjà salement amochée.
Je pourrais l'aimer, Dave. Rien qu'à sa façon de passer dans les couloirs, de taper la discute à des gamins qui se foutent de sa gueule dès qu'il est parti, il pourrait m'inspirer la sympathie.
Seulement un matin dans le hall, en assembly, devant toute l'école, et parce qu'il pensait que ce serait désopilant, il a sauté sur le Steinway, un magnifique piano à queue sur lequel j'ai quelques fois la chance de jouer quelques notes.
Depuis Dave ne m'inspire qu'un profond mépris.
Me cherchez pas avant lundi, je pars à Manchester voir Gisèle. On va encore se bourrer la gueule, tout ça nous donne une belle image de la jeunesse...
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