Je devais acheter un album de manga. Sans polémique, il sera inutile de s’appesantir sur les raisons qui m’ont conduites à devoir acheter un album de manga, tout ceci ne présentant aucun élément
nécessaire à la bonne compréhension de ce qui va suivre, je n’y accorderai donc aucune phrase, à plus forte raison aucun paragraphe entier. Ce serait parfaitement stupide de vous faire perdre du
temps, votre temps que je sais précieux.
Après une ou deux librairies dépossédées du volume recherché, je me résignai à aller à la FNAC Forum pour limiter les risques de patrouvage, alors que je ne supporte pas la foule. Or
justement, une FNAC sans foule c’est un peu comme un film de Chabrol sans violoncelle : suspect.
Plus que tout rayon en général, le rayon manga est fréquenté. Plus terrifiant encore : par des lycéens, et des fans de Tokyo Hotel. En masse. Je vouai tout de suite une haine animale envers un
jeune con adossé aux rayons devant la fourchette alphabétique qui correspondait à l’album que je recherchais.
C’est à cette occasion que je découvris qu’il existe plusieurs catégories dans les mangas, style pour les gonzes, pour les feumeus, et tsétéra. Et puis tout en bas, couvert de poussière, je
trouvai enfin l’objet de ma recherche. Le dernier disponible. La dernière fois que ça m’était arrivé à la FNAC Forum, c’était avec un album sur les R16.
A Orly ! lançai-je a l’intention du mec pas frais qui conduisait la voiture dans laquelle je venais de monter. "Sud", ajoutai-je. J’aurais bien voulu lui lancer : “A Orly, mon p’tit Perrache”,
comme Jean Rochefort à Paul le Person dans Le Grand Blond avec une Chaussure Noire.
Vous connaissez Paul le Person ? Perrache dans le Grand Blond et le marchand de meuble dans Coup de tête de Jean-Jacques Annaud. Vous connaissez « Coup de tête » ? Voilà un film d’Annaud
sans ours qui cauchemarde ni scène de baise au bord d’un lac. 1979 je crois. C’est avec Dewaere, du temps ou il était bien chevelu, et vivant. Avec aussi Jean Bouise. Jean Bouise !! Le notable
second rôle du cinéma français. Un sacré stachu, Jeannot. A chaque fois qu’il fallait un sous-préfet ou un ministre ils faisaient appel à lui. Là il est directeur de l’usine.
De quoi on parlait ? Paul Le Person. On dirait un poisson-lune.
Bref, en tout cas c’est pas dit que le taximec aurait compris la réféerence, donc je n’ai pas dit « A Orly mon ptit Perrache», et puis il ne faut pas négliger ma tendance atavique à la retenue
face à un type qui a déjà 9.70€ au compteur alors que t'as à peine posé ton cul sur la banquette arrière.
Apres le trajet classique : porte de Bagnolet – porte Dorée – porte d’Italie – genre de tunnel moche sous Villejuif, puis autoroute et Rungis. C'est tout.
Séville, au mois de novembre, c'est mieux que Paris en août. Tant pour la chaleur que pour la qualité des tapas. Du haut des berges du Guadalquivir, on peut observer le bas des berges du Guadalquivir. Les churros sont salés, et les processions catholiques arrosées de pétales de rose.
Par un heureux jeu de mots guéfrèndli, la boite de location de pédalos sur le Guadalquivir s'appelle Pedalquivir.
Les rêves, ces des conneries. Cette nuit, la ligne 3 passait par Stalingrad et avait La Rochelle comme terminus. Vraiment des conneries.
Ma soeur elle m'a dit : fais le beuze. Alors, bon, je fais tourner.
cOMMENNTSE