Lundi 13 décembre 2004

A l'école ou je travaille, les techniciens ont posé un filtre sur l'accès internet pour protéger les petits zanfans innocents des vilains gros mots, dont il est fort à parier qu'ils en connaissent plus que les créateurs dudit filtre, mais bon, ça c'est mon avis.

Moi je dis bravo. Non, c'est bien. Mais quelle ne fut pas ma surprise, en consultant une page sur l'illustre réalisateur de La Mort Aux Trousses que son nom était ainsi écrit :

Alfred Hitch***CENSORED***

Au début j'ai beaucoup ri. Ben oui, 'cock' en anglais ca veut dire 'bite'. C'est sale. A quand des noms propres propres ?

Et puis comme je m'interesse à la politique de mon pays, j'ai voulu faire quelque recherches sur notre nouveau ministre de l'économie. Impossible. "Hervé Gaymard" renvoit invariablement une page d'erreur. Alors qu'"Hervé Gaimard" marche. Mais bon c'est pas son nom, eh.

Enfin, ça ne m'empêche pas de ***tinuer mon travail, maintenant j'ai l'ha***ude de ce genre de ******* de restrictions à la ***.


Dimanche 12 décembre 2004

A l'heure où Christian Vanneste, député à l'Assemblée Nationale, persiste et signe dans ses propos parfaitement orduriers*, j'aimerais bien savoir pourquoi mon colocataire continue à me montrer des photos de femmes à poil en me demandant si ça me fait quelque chose.

Sans doute espère-t-il que par une réaction pavlovienne salutaire, je vais me mettre à baver sur le parquet pour un bout de viande ficelé d'un string taille basse. Alors, je m'énerve, je deviens tout rouge, j'avale de travers et mon dîner est foutu. Je suis trop sanguin.

Bien sûr je ne comprends pas, c'est de l'humour, parce que justement, c'est drôle. Et lui de m'expliquer avec force arguments pourquoi c'est amusant, la femme à poil (rigolo), moi qu'est pédé (rigolo aussi, les pédés), et justement ça fait contraste.

Ah ah ah.

Alors forcément quand je lui ai demandé si il avait le rhytme dans la peau, il a moins aimé. Pourtant, il est noir, non ?

(*) Mais quels propos orduriers dis donc ?


Samedi 11 décembre 2004

Il est là, tout sourire, en quadrichromie sur le papier local, entre les horaires du bingo et les pharmaciens de garde. Devant lui trône Lucy, écolière de 10 ans nous dit l'article, qui arbore fièrement un dessin de château envahi par les ronces. En haut de la feuille A4 se détachent en lettre rose les mots "Sleeping Beauty"

Elle, tout sourire dans son grand pull rouge. Lui, beau gosse, dans un T-shirt manches longues bleu ciel.

Ma première lecture de la légende donne "Lucy with porno star Jack Ryder"

Hmm, bonjour Jack. Puis je réfléchis. Est-ce bien raisonnable d'organiser des rencontres entre une classe de CM1 et un acteur porno ? Je relis donc la légende, déception : "Lucy with panto star Jack Ryder". Ben ouais. Jack joue le prince charmant dans la pantomime "The sleeping beauty" -- la Belle au Bois Dormant qui se joue ces jours ci au théâtre de la ville. "The former EastEnder who played Jamie Mitchell..." Voilà. Jack est un ancien de la série East Enders, populaire ici comme partout en Grande Bretagne mais là encore ché pas qui c'est. Ben oui, j'ai pas la télé. De toute façon, ils connaissent pas Bernard Menez ces incultes.


Lundi 6 décembre 2004

Comment voulez vous un marché commun si on vend pas les même choses ? Je m'explique : ici en Angleterre on trouve pas des yaourts nature. Ca a l'air de rien comme ça, mais j'aime bien les yaourts nature.

Alors je suis allé voir la dame qui met dans les rayons, je lui expliqué en gros ce que je cherchais, mais y'en a pas. T'as les yaourts aux fruits, avec ou sans morceaux, les yaourts brassés comme dans la pub avec la gamine qu'aime pas ca parce que c'est trop acide alors qu'on lui avait pas demandé son avis, les petits suisses, et le fromage blanc.

Mais des BIO, vous en avez pas des BIOOOOOOO ???

Non, elle en n'a pas. Elle a des Danone brassés avec de la figue (beuh) vendus par quatre pour £3.

Laisse tomber va. J'irai faire les courses à Calais.


Samedi 4 décembre 2004

Quatre ans que je ne l'avais pas vu. Mon prof d'anglais de terminale, et accessoirement ami de longue date se rendait à un mariage du coté de Folkestone.

Folkestone, riante cité du sud de l'Angleterre avec, tenez vous bien, l'entrée britiche du tunnel sous la Manche.

Je saute dans le premier train, hop hop, tiens j'ai oublié de manger. Gare de Dover Priory. Correspondance. C'est pas pratique mais bon, on pourrait être samedi. Merde, on est samedi. Puis bus jusqu'au patelin en question, Lympne. Mais ça se prononce 'lime', donc déjà ils font pas chier. L'église, cloches comme dans 4 marriages et un enterrement, costards et hauts de forme qui sortent. Puis il est sorti de l'église, et on est restés ensemble, lui parce qu'il s'emmerde, moi parce que je me suis pas tapé 1 heure et quart de trajet pour lancer du riz à la gueule de gens que ch'connais pas.

Du coup c'est chouette. Non, en fait je marche dans une merde, de cheval selon moi, de (grand) chien selon lui. Des deux pieds.

Passé 16 heures il était temps pour moi de partir. D'autant que la nuit tombe sec ces jours ci, eh oui, 4 heures ici c'est 5 heures à Lyon, dans mon appartement où, dans un placard, mes chers vinyls prennent la poussière -- mais je m'égare.

"Tu vas trouver ton chemin ? - Mais oui, que dis tu, ah ah ah !"

J'ai pas trouvé l'arret de bus, j'ai mis trois heures pour faire 20 bornes.

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